Debout les morts

Publié le par Arieste

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" Pierre, il y a quelque chose qui déraille dans le jardin, dit Sophia."

 

C'est avec un grand plaisir que j'ai retrouvé Fred Vargas avec ce roman policier où une cantatrice découvre avec effroi un nouvel arbre dans son jardin. Evènement perturbant vous en conviendrez aisément. Elle fait donc appel à ses trois nouveaux voisins pour creuser sous cet arbre mystérieux. Mais la cantatrice disparaît quelques semaines plus tard... 

Que s'est-il passé ? Les trois voisins, Lucien, Marc et Mathias, surnommés les évangélistes par Vandoosler leur quatrième colocataire mènent l'enquête sur cette disparition. Il est vrai que la recherche de mystères est une passion chez eux car ils sont archéologues (vous ne pouvez pas le voir, mais je fais un grand sourire en écrivant cette phrase :D). On sent d'ailleurs que Fred Vargas est une archéologue car elle décrit avec beaucoup de justesse ses personnages. Et croyez-moi des archéologues crédibles dans la littérature il n'y en a pas beaucoup. 

Je vous cite d'ailleurs un extrait qui m'a bien fait sourire car je sais que je serais capable de faire la même chose si j'étais en colocation avec deux collègues à moi : 

" Lucien, qui avait bu l'équivalent de vingt gobelets en carton, n'avait pas pu passer l'étape des premières marches et dormait sur la cinquième. Marc et Mathias l'attrapèrent chacun par un bras.

Vandoosler, en parfaite forme, avait raccompagné Sophia jusqu'à sa porte et entrait.

- Jolie toile, commenta-t-il. Les trois évangélistes aggripés les uns aux autres et abordant l'impossible ascension.

- Bon sang, dit Mathias en soulevant Lucien, pourquoi l'a-t-on installé au troisième étage ? On ne pouvait pas deviner qu'il pouvait boire comme un trou, dit Marc. Et souviens-toi qu'il n'y avait pas moyen de faire autrement. L'ordre chronologique d'abord : au rez-de-chaussée, inconnu, mystère originel, merdier général, foutoir en combustion, bref, les pièces communes. Au premier étage, légère émergence du chaos, balbutiements médiocres, l'homme nu se dresse en silence, bref, toi, Mathias. Montant plus avant dans l'échelle du temps...

- Qu'est-ce qu'il a à brailler comme ça ? demanda Vandoosler le Vieux.

- Il déclame, dit Mathias. C'est tout de même son droit. Il n'y a pas d'heure pour les orateurs.

- Montant plus avant dans l'échelle du temps, continua Marc, bondissant par-dessus l'Antiquité, abordant de plain-pied le glorieux deuxième millénaire, les contrastes, les audaces et les peines médiévales, bref, moi, au deuxième étage. Ensuite, au-dessus, la dégradation, la décadence, le contemporain. Bref, lui, continua Marc en secouant Lucien par le bras. Lui, au troisième étage, fermant de la honteuse Grande Guerre la stratigraphie de l'Histoire et celle de l'escalier. Plus haut encore, le parrain, qui continue de déglinguer les temps actuels à sa manière bien particulière.

Marc s'arrêta et soupira.

- Tu comprends, Mathias, même si c'est plus pratique de loger ce type au premier, on ne peut quand même pas se permettre de bouleverser la chronologie, de renverser la stratigraphie de l'escalier. L'échelle du temps, Mathias, c'est tout ce qu'il nous reste ! On ne peut pas massacrer cette cage d'escalier qui demeure la seule chose qu'on ait mise dans le bon ordre. La seule, Mathias, mon vieux ! On ne peut pas la saccager.

- Tu as raison, dit gravement Mathias. On ne peut pas. Faut monter la Grande Guerre jusqu'au troisième."

 

Au-delà de mes affinités "professionnelles" avec les personnages, j'ai énormément apprécié l'intrigue de ce roman, qui montre toutes les étapes de l'intrigue et qui comme un bon roman policier, n'abat toutes ses cartes qu'au dernier moment. Personnellement, je trouvais le coupable louche sans vraiment savoir pourquoi...

 

Comme il y a toute une série de romans qui reprennent ces personnages je serais ravie de les retrouver au détout d'une autre enquête !

Publié dans Dans l'Hexagone

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Luna 13/10/2011 07:57



Coucou,


je t'ai tagguée ! Tu n'es pas obligée de le faire bien sûr ;)


http://lunazione.over-blog.com/article-portrait-chinois-86419097.html



Arieste 13/10/2011 23:58



Merci je vais aller voir !



Jeneen 12/10/2011 18:33



Pas lu celui-ci mais j'avais bien aimé "sans feu ni lieu",  et "l'homme à l'envers'"pour le héros Adamsberg. Celui-ci me tente donc beaucoup ! je note ! bonne soirée



Arieste 12/10/2011 23:22



Je note les titres de ces deux-là :D Bonne soirée !



Eiluned 12/10/2011 14:54



Le côté archéologue me tente, et si tu dis en plus que c'est bien vu en plus ! Et puis Fred Vargas écrit très bien !



Arieste 12/10/2011 16:53



Oui c'est très bien vu seule une archéologue comme Fred Vargas aurait pu l'écrire d'ailleurs :)



Valentyne 12/10/2011 13:43


Je l ai beaucoup apprécié ce livre (et j avais été très surprise du coupable) mais chut ...... bonne journée aymeline


Arieste 12/10/2011 16:51



c'est vrai qu'elle nous envoie pas mal sur de fausses pistes ;) Bonne journée à toi aussi !



Asphodèle 12/10/2011 11:28



C'est vraiment "délire" un max cette coloc, mouii, je t'imagine très bien ... Mais dis donc pas facile de remettre les
strates au bon endroit après 20 gobelets...de vodka je suppose, pas de limonade ! Il faut vraiment que je la lise cette Fred, mais là je comate !



Arieste 12/10/2011 16:48



le sens de la strate est tellement ancré dans l'archéologue, qu'il marche toujours même après quelques bières ;). Oui teste Fred Vargas elle en vaut le coup et ses livres ne sont pas des pavés ça
te reposera après Freedom :)