Des mots, une histoire : le peuple de l'Eté...

Publié le par Arieste

                                  http://desirdhistoires.files.wordpress.com/2011/04/plumedesmotsunehistoire5.jpg?w=150&h=138

 

Voici ma participation à Des mots, une histoire, un jeu initié par Olivia et qui consiste à placer des mots imposés dans une histoire.

Liste des mots : récidive, tonitruant, isolement, convention, fraise des bois, pilaire, été, pélerine, lézarde, attirance, bulletin, sorbet aux poires, frémissement, perdition, frousse, contrepoint.

 

Aujourd'hui, mon histoire sera plus longue et ne sera pas terminée car je vous parle d'un peuple rencontré au coin d'une rêverie...

 

C'est ici, dans un isolement total, et méconnus du reste du monde, que vivait le peuple de l'Eté. Ils se dénommaient ainsi car leurs Anciens racontaient que les premiers d'entre eux étaient nés durant la nuit la plus courte de l'année, celle du solstice d'été.

Sur le plan physique cet isolement avait conduit à une étrangeté concernant leur système pilaire, les Estiviens (comme ils s'appellent eux-mêmes) n'ayant aucune pilosité si ce n'est sur le sommet de leur tête. Ce que nous autres humains appelons cheveux se trouvent dès lors démultipliés en une masse impressionnante qui fait ainsi la fierté de celui qui la porte. Des conventions en régissent cependant l'entretien , ainsi les hommes la laissent libre, simplement attachée pour ne pas entraver leurs déplacements. Les femmes accordent quant à elles beaucoup de temps et de travail à orner et à coiffer cette chevelure, érigeant la coiffure à un tel art que cela rendrait verts de jalousie les plus grands coiffeurs humains. 

Leur habillement est par contraste beaucoup plus simple, pour ne risquer de détourner l'attention de la chevelure. Les hommes sont ainsi vêtus d'une chemise et d'un pantalon, les femmes d'une longue robe. Tous portent une pèlerine qui sert à se couvrir pendant la nuit, la chevelure alors dénouée faisant alors office de matelas.

Car les Estiviens, qui vivent dans un endroit dépourvu de tous prédateurs, dorment là même où le sommeil les prend et ne comprennent pas notre étrange manie de toujours dormir au même endroit. Cette habitude a pour conséquence l'absence de tout sol caillouteux dans la région et les Estiviens capables de réaliser les pelouse les plus moelleuses sont considérés par les autres d'éminentes personnalités. Vous en aurez donc aisément déduit qu'ils ne possèdent pas d'habitations : "A quoi serviraient des constructions qui finiraient par se lézarder et se ruiner ? Le seul toit qui nous abrite est le ciel, et il est intemporel." Il ne pleut jamais très longtemps chez les Estiviens et lorsque c'est parfois le cas, leur chevelure habilement disposée les empêche de se mouiller. Leurs hivers sont doux et la température ne descend jamais au-dessous d'une dizaine de degrés.

Pas besoin non plus d'appareils sophistiqués comme les nôtres pour communiquer, leurs voix tonitruantes suffisent amplement à se faire entendre. Les informations importantes sont retranscrites dans le Bulletin, dictés à une compagnie de mainates d'élites spécialement formés à cet usage et diffusés ainsi à tous les Estiviens. Ne croyez cependant pas qu'ils ne savent ni lire ni écrire. Une plante inconnue ailleurs est trempée et étalée pour produire un papier d'excellente qualité. Les livres ainsi produits sont conservés dans des troncs d'arbres creux aménagés à cet usage, les arbres devenant ainsi les dépositaires du savoir estivien. 

Les Estiviens se prénomment d'après leur environnement dont ils se sentent partie intégrante. Les hommes portent ainsi des noms d'animaux tels écureuil ou épervier, les femmes portant davantage des noms de fleurs comme églantine ou bien de fruits comme fraise des bois ou bien sorbet aux poires pour les plus excentriques.

Ce peuple n'a peur de rien si ce n'est du monde extérieur dont ils ignorent tout à part quelques horribles légendes qui collaient la frousse aux plus impressionnables et provoquaient des frémissements même chez les plus courageux. Le monde situé au-delà des hautes chaînes de montagnes qui entourent de toutes parts l'Estivanie est considéré comme un lieu maudit de perdition, d'où il ne viendrait jamais rien que des choses épouvantables. De toute façon, les quelques Estiviens ayant eu des attirances pour l'exploration furent découragés par la hauteur des montagnes qui interdisait toutes récidives d'expéditions. Ce peuple, au contrepoint du nôtre, a donc fini par se persuader que le monde est comme une cuvette dont les montagnes marqueraient la limite.

Publié dans Ecrits Estiviens

Commenter cet article

Luna 08/07/2011 09:23



J'aime beaucoup, c'est très joli :)



Arieste 08/07/2011 11:15



Merci beaucoup ! Il y a un autre atelier d'écriture prévu pour demain, il faut que je mette à écrire la suite ;)



Gwenaelle 02/07/2011 11:59



Tu n'oublieras pas de nous donner les coordonnées GPS de ce pays de rêve pour qu'on puisse aller y faire un tour! ;-) Bravo, c'est une belle idée!



Arieste 02/07/2011 13:13



Pas de GPS il est seulement accessible en rêve...


Merci beaucoup :D



32 octobre 01/07/2011 23:40



quelle imagination



Arieste 01/07/2011 23:51



Merci :)



Asphodèle 01/07/2011 22:52



ffiou, pas eu le temps de venir avant mais je l'avais déjà lu hier soir par mail ! Quelle imagination débordante ! Tu es mûre pour un roman mi Sf, mi Fantasy avec ton âme en plus ! Bravo
! C'est aussi l'avantage parfois (parfois hein) des mots imposés qui nous emmènent là où on n'aurait jamais pensé arriver ! ;) continue, c'est bien !



Arieste 01/07/2011 23:37



Tu l'as lu tard alors héhé. Merci beaucoup pour le compliment pour l'instant je ne sais pas du tout si cela pourrait faire un roman, on verra bien comment ça évolue. C'est vrai que les mots
imposés m'ont pas mal aidé :)



Valentyne 01/07/2011 22:17


Très original! On a envie d' aller en estivie (?)


Arieste 01/07/2011 22:38



Merci ! C'est un peuple accueillant je pense :), pour l'instant ça s'appelle Estivanie mais ça peut encore changer.