Les Créateurs - Thomas Geha

Publié le par Arieste

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Pourquoi ce livre ?

Après lu La guerre des chiffonneurs j'avais très envie de lire un autre livre de Thomas Geha, et lorsque j'ai pu le voir en dédicace je n'ai pas hésité à acquérir ce recueil de nouvelles.

 

De quoi ça parle ?

Ce recueil présente six histoires aux intrigues assez différentes mais introduisant "les mêmes questions essentielles : qui sommes-nous et d'où venons-nous ? Qui donc se cache derrière nos existences et nos destins ? Les nouvelles composant ce recueil ne tentent pas de répondre à ces questions, elles les explorent avec toujours la même ambition : découvrir qui nous sommes au travers de notre humanité." (je cite la quatrième de couverture).

Pour vous mettre un peu dans l'ambiance, j'ai choisi de vous citer une phrase du début de chaque nouvelle.

La voix de monsieur Ambrose : "En 1888, j'étais renommé et dans les journaux spécialisés, les critiques parlaient abondamment de Monsieur Ambrose, cet acteur gracieux au jeu varié et "si parfait"."

Là-bas : "La robe vole, danse dans les airs, ressemble à un oiseau fabuleux d'un sombre rouge qui tourbillonne, s'écrase sur l'eau de la Vltava et stagne un instant à la surface".

Copeaux : "A trente ans, avec l'impression d'être au lendemain de mes vingt-cinq et de n'avoir rien vécu entretemps, ma situation n'avait guère évolué, hormis sur un point précis : comme une large majorité de mon entourage Mamé avait pris rendez-vous avec St-Pierre et je demeurai seule pour la première fois de ma vie, vraiment seule, dans cette grande et vieille ferme où les rares activités restaient un jardin, une dizaine de poules, autant de lapins, et l'armoire de mon grand-père, remplie en majorité de livres du mois et de volumes hétéroclites dénichés en brocante ou foires Amnesty."

Bris : "Tu la contemples de l'intérieur, cette coquille vide, et soudain tu sais qu'il s'agit de ton reflet."

Dans les jardins : "Elle aimait en particulier, dans sa chambre, le semainier sur lequel reposait une belle lanterne magique du dix-neuvième siècle."

Sumus Vicinae : "J'étais en bas, là où je n'aurais pas du être, sur le palier d'une vieille maison, dans une ruelle pavée de la Ville Basse, sans nom."

 

Qu'est-ce que j'en pense ?

Inutile de vous faire patienter plus longtemps, j'ai adoré !!!! Voyons ensemble les raisons de mon adoration d'abord nouvelles par nouvelles puis un avis plus général sur le recueil.

La voix de monsieur Ambrose : j'ai adoré le contexte de la nouvelle, le Paris du XIXe siècle, le monde des artistes, tout y était dès le début pour me plaire. Voilà que de surplus apparaît Arthur Machen, dont le livre Le grand dieu Pan m'a enchanté (j'en ai parlé ici) et qui rajoute encore plus de mystère à l'ambiance. Le ton y est juste, l'ambiance est sombre juste comme il faut et l'histoire est prenante.

Là-bas : une histoire d'amour et de mort se déroulant sur deux époques ; comme c'est à Prague, le golem n'est pas bien loin... L'ambiance de Prague et son golem revisitée pour en faire une très belle histoire.

Copeaux : une belle histoire de Noël se déroulant dans la campagne bretonne. Je suis friantes d'histoires de Noël donc ce récit m'a beaucoup ému et je pense que je suis loin d'être la seule.

Bris : dans un monde futuriste et guère joyeux, un homme sans passé cherche à se reconstruire. Rapidement plongés dans l'ambiance, on se demande quel secret se cache derrière l'amnésie de cet homme, et quel choix ferions-nous dans cette situation, ignorer son passé inconnu ou bien l'affronter ?

Dans les jardins : Une maison et un jardin pleins de mystères, un homme qui cherche à se reconstruire, une lanterne magique. Une belle histoire pleine de poésie.

Sumus Vicinae : inspirée d'un morceau de Nicholas Lens, cette dernière histoire se déroule dans un monde légèrement différent du nôtre où un homme cherche une vérité, LA vérité. 

 

Concernant le recueil dans sa globalité, j'ai apprécié la qualité d'écriture que le format court permet davantage que le roman. On sent que les histoires racontées ne l'ont pas été fait dans la précipitation, mais sont le fruit d'une longue réflexion et d'une volonté de trouver le mot juste. Je ne parle pas forcément du temps d'écriture, mais du temps de réflexion et maturation de l'histoire elle-même. 

Autre caractéristique, les nouvelles présentées ici ne sont pas "à chutes", l'intrigue y est menée progressivement vers le dévoilement d'une révélation, souvent belle, parfois triste, mais qui ne laisse pas indifférent.

J'aime aussi le fait que l'on voyage au fil des nouvelles, Paris, Prague, la Bretagne, le passé, le présent, le futur, on se rend compte au fil des pages que tout est lié, l'homme et sa soif de connaissances étant le dénominateur commun. Une concordance de ton qui n'a pas du être facile à mettre en place, comme souvent dans les recueils et que je salue particulièrement ici.

De par la variété des nouvelles, je pense que ce recueil peut plaire à tout le monde, car chacun peut y puiser des éléments qui le toucheront j'en suis persuadée.

 

En une phrase

Des histoires qui font voyager et réfléchir, vous attendez quoi pour le lire ?


Publié dans Dans l'Hexagone

Commenter cet article

somaja.over-blog.com 17/06/2012 19:17


Mais c'est très tentant ça ! Je note d'autant plus que j'aime beaucoup les nouvelles. Mais ça attendra un peu, j'ai trop de choses à lire , trop peu de temps et en ce moment j'ai un peu tendance
à piquer du nez sur les pages, alors ça n'avance pas vite  !

Arieste 17/06/2012 19:52



Ravie de te tenter :)



jeneen 10/06/2012 19:26


coucou, mais on n'attend rien...que de se le procurer ! j'adore les nouvelles. et ton billet est très très très tentant, fripouille ! biz l'Estivienne

Arieste 10/06/2012 19:50



fripouille toi-même, l'auteur est rennais donc tu pourras peut-être même te le faire dédicacer toi aussi bisous !!!!



Luna 10/06/2012 14:28


Ça a l'air franchement pas mal, je note !

Arieste 10/06/2012 14:38



Tu m'en vois ravie :D



Asphodèle 09/06/2012 21:54


Si si ça presse ! Si tu me dis ça, il va encore traîner une semaine muhaha !!! Bon allez j'y vais cette fois, je m'y mets attentivement mais sur papier et dans mon lit (vivement que le portable
revienne de chez HP !!!) Biiises♥

Arieste 09/06/2012 21:55



Au boulot !!! Hop hop hop tu seras la première chronique du challenge Bradbury en plus, la classe ;) Bisous !!!



Asphodèle 09/06/2012 21:37


Ne m'en parle pas : j'essaie de chroniquer "Celui qui attend" et j'ai vraiment du mal avec les nouvelles, ça m'a fait pareil pour Les Enfants du Jazz de Fitzgerald, pas pu le
chroniquer... Là faut dire que certaines nouvelles méritaient une chronique à elles seules...Je vais y arriver, en mode brouillon déjà pour que je puisse te le renvoyer la semaine
prochaine !!!

Arieste 09/06/2012 21:43



Pareil pour ce recueil j'aurais pu faire un billet sur chaque nouvelle mais comme il fallait rendre l'esprit de l'ensemble en même temps il a fallu que j'abrège. T'inquiètes pas ça ne presse pas
;)