Challenge amoureux 3/6 : Les yeux d'Elsa d'Aragon
L'une des conditions pour remplir ce challenge est de lire un recueil de poèmes amoureux. Je n'ai aucune hésitation pour choisir un poète, ce serait Aragon !!!
Les yeux d'Elsa dédié à sa femme Elsa (il vaut mieux ça évite des problèmes en ménage^^), commence par une préface de l'auteur qui m'a beaucoup plu et dont je vous livre un extrait :
"Pour moi, je n'écris jamais un poème qui ne soit la suite de réflexions portant sur chaque point de ce poème, et qui ne tienne compte de tous les poèmes que j'ai précédemment écrit, ni de tous les poèmes que j'ai précédemment lus. Car j'imite. Plusieurs personnes s'en sont scandalisées. La prétention de ne pas imiter ne va pas sans tartuferie, et camoufle mal le mauvais ouvrier. Tout le monde imite. Tout le monde ne le dit pas."
Et maintenant un petit poème parce cela vaut mieux qu'un long discours et puis parce que c'est le week-end donc une occasion de lire de la poésie :
Vous aurez d'ailleurs reconnu ce cher Aragon en haut à gauche.
Retournons à notre poème :
Les larmes se ressemblent
Dans le ciel gris des anges de faïence
Dans le ciel gris des sanglots étouffés
Il me souvient de ces jours de Mayence
Dans le Rhin noir pleuraient des filles-fées
On trouvait parfois au fond des ruelles
Un soldat tué d'un coup de couteau
On trouvait parfois cette paix cruelle
Malgré le jeune vin blanc des coteaux
J'ai bu l'alcool transparent des cerises
J'ai bu les serments échangés tout bas
Qu'ils étaient beaux les palais les églises
J'avais vingt ans Je ne comprenais pas
Qu'est-ce que je savais de la défaite
Quand ton pays est amour défendu
Quand il te faut la voix des faux-prophètes
Pour redonner vie à l'espoir perdu
Il me souvient de chansons qui m'émurent
Il me souvient des signes à la craie
Qu'on découvrait au matin sur les murs
Sans en pouvoir déchiffrer les secrets
Qui peut dire où la mémoire commence
Qui peut dire où le temps présent finit
Où le passé rejoindra la romance
Où le malheur n'est qu'un papier jauni
Comme l'enfant surpris parmi ses rêves
Les regards bleus des vaincus sont gênants
Le pas des pelotons à la relève
Faisait frémir le silence rhénan
Je suis d'accord, ce n'est pas très amoureux tout ça, mais c'est beau quand même.
Et le cantique à Elsa est bien trop long pour figurer sur ce blog, je ne vous en met donc que la première strophe de l'ouverture :
"Je te touche et je vois ton corps et tu respires
Ce ne sont plus les jours du vivre séparés
C'est toi tu vas tu viens et je suis ton empire
Pour le meilleur et pour le pire
Et jamais tu ne fus si lointaine à mon gré"
Bon samedi en poésie :D