Les monades urbaines de Robert Silverberg
Pourquoi ce livre ?
Robert Silverberg est un de mes écrivains préférés, j'ai déjà lu énormément de ces livres mais finalement je n'avais pas encore lu un de ces romans les plus célèbres : les monades urbaines. Du coup quand je suis tombée dessus à la bibliothèque je n'ai pas hésité une seule seconde.
De quoi ça parle ?
J'aime beaucoup la quatrième de couverture alors la voici :
" L'an 2381
La Terre porte 70 milliards d'êtres humains, dont la devise est : Croissez et multipliez.
70 milliards d'humains
qui croient avoir atteint l'utopie.
Qui vivent dans des tours de mille étages,
les monades urbaines.
Qui jouissent d'une totale liberté sexuelle.
Qui ne quittent jamais leurs villes verticales
et qui explorent rarement un autre étage que le leur.
Le bonheur règne sur Terre.
Qui en doute est malade. Qui est malade est soigné.
Qui est incurable est exécuté.
Dieu soit loué !"
Qu'est-ce que j'en pense ?
Vous l'aurez compris en lisant la présentation du livre : nous sommes ici dans un univers dystopique. Cela fait deux siècles que la majorité des humains vivent dans des tours nommées Monades urbaines. Celles-ci sont divisées en cités (Shanghai, Paris, Louisville, Prague...) où les habitants sont réparties selon leurs professions. Vous découvrirez plus en détails cet univers dans le livre mais celui-ci suscite énormément la réflexion.
La société décrite dans le livre est à mon avis directement inspirée des communautés hippies des années soixante et soixante-dix, période d'écriture du livre. En effet, on y observe une liberté sexuelle totale où tout le monde va voir tout le monde, la notion d'intimité est complètement absente et l'usage de la drogue est complètement banalisée. Contrairement à la plupart des dystopies plus récentes, il n'est pas fait ici mention d'une quelconque dépendance à un univers virtuel, les gens ont souvent les mêmes comportements qu'aujourd'hui.
Le récit est divisée en sept histoires, qui bien qu'assez indépendantes, finissent par former un ensemble cohérent et une progression dans le récit. On retrouve au fil des histoires le même groupe de personnages, chaque histoire s'attachant à un personnage en particulier.
Le style est fluide, agréable, au point que l'on se sent happé par le roman et qu'il est difficile de le lâcher. Personnellement, je l'ai lu quasiment d'une traite en une après-midi, mais avec Silverberg cela ne m'étonne plus, il me fait le coup à chaque fois. Heureusement, c'est un écrivain très prolifique donc j'ai encore beaucoup de belles lectures en prévision.
Je terminerais par le fait que l'auteur ne juge pas cette nouvelle société, il se contente de la dépeindre et de l'observer. Cela fait que même si ces monades peuvent nous apparaître gênantes, l'ambiance de lecture n'est pas aussi lourde que dans 1984 par exemple. Il y a des gens qui y sont heureux, d'autres non mais vous verrez cela en le lisant...
En une phrase
Une dystopie à lire absolument !
Du côté des challenges
